En un jour, Julien régresse de 5 mois, redevient comme avant, stéréotypies, grosses colères pour rien, opposition. Il se gratte la tête, peut être est ce lié aux antibios, qu'il a arreté avant hier? ( Il fait une antibiothérapie)
En tout cas pour moi, vu tout ce qui se passe en ce moment, c'est le coup de trop.
Je ne me sens soutenue par personne.
Je dois tout sacrifier pour éviter à Julien une future prise en charge médicamenteuse, attentiste et culpabilisante, un futur placement en institution non adaptée.
Et je sais que dans 2-3 ans c'est ce qui l'attend.
Mon entourage trouve que j'en demande trop, et est toujours en contradiction avec ce que j'écris : je dois me taire et, informer, renforcer, encourager, sourire, faire la gentille, tout accepter..."
Tout le monde trouve son compte avec ce que je fais actuellement: l'AVS privée, qui se sent reconnue, qui aime son nouveau métier. L'école privée, qui ne fait absolument rien, juste accepter physiquement mon fils 8h par semaine, et que je dois payer pour 24h.
Je dois tout donner, je n'ai rien en retour.
J'ai l'impression générale que les parents des autres enfants m'évitent et qu'ils ne souhaitent pas que leur enfant intéragisse avec Julien, parce qu'il n'est pas normal.
La vie de mon mari n'a pas changé tant que ça, il a toujours son boulot, il compte sur moi pour la prise en charge. Et les gens sont compatissants envers lui, personne n'attend rien de lui, par contre dès qu'il fait quelquechose il passe pour Superman.
Je sens bien que Julien n'a aucune chance de s'en sortir en France, il n'y a aucune volonté de les accueillir.
Quand on ne veut pas, rien à faire, même avec de belles lois...
Je ne supporte plus cette hyppocrisie, je dois me taire et faire le max pour Julien, et surtout ne pas parler.
C'est comme si je devais accepter d'etre traité comme un noir en appartheid.
Pour me calmer on me dit que ça va venir avec le temps, qu'il faut convaincre et non ruer dans les brancards, qu'il faut négocier avec tout le monde.
Plus je négocie, plus les gens veulent négocier, plus je donne , plus on a envie de me prendre. Si je demande peu d'heures de scolarisation à l'école, ils s'habituent avec cette faible dose de travail et après on ne peut plus demander plus.
Je dois me soumettre, alors que je ne demande rien de spécial, juste de pouvoir vivre normalement.
Puisque les éducateurs se disent "à quoi bon", alors moi aussi je me dis "à quoi bon".
Comme je ne supporterai pas que Julien soit placé à vie dans une institution, je préfère ne pas attendre de vivre cela.
Mon seul espoir était de m'exiler, mais je suis trop seule à avoir cet espoir, personne ne veut que je m'exile.
Je n'ai même pas le choix de m'exprimer librement sur le blog. Si je dis des choses de manière trop crue, si je suis pessimiste, on me le repproche.
Je ne suis pas pessimiste, je suis réaliste, c'est pour les autres que la réalité est trop dure quand je la décris, alors ils préfèrent ignorer. On me coupe la parole sans arret quand je parle, mais de quoi ont ils peur ?
C'est pour ça aussi que j'écris sur ce blog: personne ne m'empechera de finir ma phrase.
Et c'est facile pour tout le monde d'ignorer, car les personnes de mon entourage continuent à vivre, leur vie n'est pas chamboulée, pour eux "tout va très bien" .
Mais pas pour moi, pour moi "tout va très mal", j'endure tout, et je dois me taire.
Oui, "tout va très mal"....
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